Le château de Chassignolles: 850 ans d’histoire

Le Chateau de Chassignolles
Chassignolles abrite les vestiges d’un château construit aux XIIIème et XIVème siècles par les Chalençon, faisant suite à la tour féodale, propriété du seigneur de Chassignolles mort en croisade et dont la fille a épousé en 1260 Ebrard de Chalençon. Cette forteresse féodale est une remarquable application du modèle “château de plaine” diffusé par Philippe Auguste au XIIIème siècle. Sa rigueur géométrique et la qualité de ses aménagements défensifs et résidentiels est un élément très important dans l’histoire de l’architecture militaire en Auvergne. Cet immense bloc, de 50 m. par 42 m. hors tout, possédait 4 tours rondes de 9m. de diamètre et 3 tours carrées de 8,20 m. de coté, tours qui s’élevaient à 20m. de hauteur. L’ensemble était entouré de remparts de 12m. de haut rendant la forteresse quasi imprenable jusqu’à la fin du moyen âge. En 2002, pour CCLP, G. Bion a revu les plans (ci dessous) qui ont permis à A .Cellier de réaliser la maquette ci dessous pour représenter la forteresse au XIVème siècle
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Propriété pendant 150 ans des Chalencon Chassignolles, famille de haute noblesse proche des rois de france, le château passa dans la famille Montmorin en 1458 lorsque Gilbert épousa Alix née Chalencon. Le couple, installé dans leur château d’Auzon, et, par la suite, leurs descendants embellirent et améliorèrent le confort en transformant Chassignolles en château de résidence. En particulier, ils modifièrent la façade principale sud, entrée du château, dont l’élégance nous est parvenue au travers de la reproduction photographique (ci contre). C’est la plus fidèle représentation que l’on a du château tel qu’il était au XVIème siècle après les travaux. En 1577, avec Françoise de Montmorin dernière héritière, le château passa dans la famille de Polignac puis dans la famille de Chaste. Ne vivant pas à Chassignolles, François de Chaste vendit le château en 1674 sachant qu’il était d’un rapport médiocre géré par des mains mercenaires. Après 3 siècles de splendeur, le château, qui avait appartenu à la même lignée de haute noblesse, fût acheté par Aymard de Navette, mi noble mi bourgeois, qui, en décidant de résider à Chassignolles, améliora la gestion du domaine et se fit une place dans la noblesse régionale.

Reproduction photographique d’une incrustation bois de M. Degeorges père aux environ de 1880 sur le modèle d’un dessin à la plume fait d’après nature peu après la période révolutionnaire par son oncle curé.
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La robuste demeure traversa sans encombres la période révolutionnaire car Claude de Navette, un temps maire de la commune, sût entretenir de bonnes relations avec les habitants. Le château conservait encore son décor intérieur, son mobilier et ses archives en 1815 lorsque mourut la dernière habitante Marguerite de Navette, ex Chanoinesse de Blesle. Après un siècle et demi de nouvelle jeunesse grâce à la famille de Navette, le château entra dans une période de décadence. Il fût vendu en “indivivis” en 1823, à deux cousins de famille aisée, A.G. Larigaudie et A.F. Allezard. Vingt ans plus tard, la bâtisse, grevée d’impôts, fût vendue par lots. La commune acheta la tour d’entrée pour l’utiliser comme mairie et école. En 1861, l’incendie du château, probablement provoqué par un des propriétaires qui avait souscrit une assurance, précipita sa ruine.

En haut de l’article, c’est la première photo connue du château  datant de 1890. La tour d’entrée fût démolie par la municipalité pour construire à proximité l’école de garçons. La plupart des maisons du bourg furent construites à partir des matériaux prélevés dans le château. La totalité des archives seigneuriales, témoins de 5 siècles d’histoire, furent pillées ou brûlées. Les prélèvements de pierre semblent s’être arrêtés après 1920 mais les ruines, alors non protégées par les Monuments historiques, ont continué à se dégrader jusqu’au milieu du XXème siècle. Après 1960, une prise de conscience pour sauver ce patrimoine engagea certains propriétaires à réhabiliter leur bien. Ce fût d’abord la tour ronde sud est qui fût sauvée de la ruine par une restauration des murs extérieurs et la pose d’une toiture par la Famille Béguin. Ensuite la tour sud ouest, utilisée comme étable jusqu’en 1975, fût complètement restaurée par la Famille Ynden.

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